mercredi 26 février 2014

Wool War One - De l'utilité du fil bleu



WOOL WAR ONE 

De l'utilité du fil bleu


Bon. 

Quand on a rêvé ce projet de réaliser une oeuvre gigantesque et minuscule qui parlerait des hommes dans la guerre, à des milliers de doigts, à des milliers de kilomètres les uns des autres, quand on a dit que cette oeuvre, on la ferait en laine, on le sait bien qu'il y en a qui ont fait des petits moulinets avec leur doigt sur leur tempe. 

N'empêche. 

On y est. 

Des volontaires, il y en a, plein, partout. Les pelotes de laine, elles sont arrivées. Des gens pour nous aider, on en a trouvés. 

Petit à petit, maille après maille, le projet se dessine et s'enrichit, de ce que chacun et chacune y apporte. Dans les coulisses de la Wool War, ça s'organise et ça travaille. Ca parle aussi et ça échange. Beaucoup. Ca fait même un raffut monstre, tous ces gens. 

Bref, au Délit, on est content. 

Plus que quelques millions de mailles, et l'armée de laine, on la verra défiler au Musée. 

Sauf que...

Depuis le début, on a une autre idée qui nous trotte dans la tête. On a pris le temps de la laisser mûrir, de la laisser se préciser. 

Maintenant qu'on est sûr que c'est ça qu'il faut, que c'est comme ça que ça doit être, on en rêve la nuit, de cette idée-là. 

La Wool War, ok. 

C'est ça qu'on voulait/ 

Mais le sens de tout ça, de ces milliers d'heures à tricoter, ce sont les gens. Cette deuxième armée de gens qui ont décidé que oui, ils allaient la faire, la guerre en jersey. Ce sont eux qui font le lien. Les liens. 

Ce qu'on veut, c'est qu'au final, il y ait deux armées. L'armée en argile de jersey bleu horizon et l'armée des hommes et des femmes qui les ont créés, maille après maille. 

Au final, ce qu'on veut, c'est qu'au Musée, les soldats défilent sous le regard des générations suivantes. 

On veut que les deux armées soient là, sur la coursive du Musée. 

Du coup, les acteurs de la Wool War, au Délit, on n'a plus qu'une idée, c'est aller les rencontrer. 

On veut les prendre en photo, on veut faire défiler les photos de leurs visages, de leurs doigts, de là où ils vivent, de comment ils ont tricoté ces kilomètres de bouts de laine pour rien. 

On les veut comme une tribune d'honneur devant laquelle défilerait la longue colonne des poilus en laine. 

C'est ça notre nouvelle idée. 

Ca, c'est facile de leur demander. Est-ce qu'ils veulent bien nous envoyer chacun une photo d'eux, celle qu'ils voudront bien nous donner, leur visage, leur dos, leurs doigts, à contre-jour ou en pleine lumière, quand is tricotent ce bout de fil bleu qu'on leur a envoyé à tous quand l'idée était juste en train de germer? Ils peuvent dire oui, ils peuvent dire non, il n'y a aucune obligation dans cette guerre-là. 

Mais c'est pas tout. 

Ce qu'on voudrait au Délit,  c'est aussi aller les rencontrer. Pas tous, ils sont trop nombreux, mais plein. 
 Pour ramener les photos qu'on rêve de ramener. 

Des photos comme ça, au milieu de leurs photos à eux. 











Voilà. On veut faire les mêmes photos, mais à Lens, à Générac, à Accra, à Seattle, à Lyon, à Stuttgart, à Lausanne, à Mallemort, à Marseille, à Versailles, à Limoges, à Lille, ... 

Comme si on le savait pas que c'était n'importe quoi. 

Mais ce qu'on se dit, c'est que déjà à la base, ce projet, c'était n'importe quoi. Finalement, des centaines de gens ont suivi. Fedex a dit banco, on vous offre l'envoi. La Piscine a dit  banco, va pour la laine. 

Pourquoi on ne trouverait pas quelque part un mécène, un riche mécène, qui nous dirait tope-là Délit,  pour qu'on puisse y aller, partout, pour prendre ces photos de liens, de gens ? 

Tu es riche, tu es mécène, tu trouves que cette idée de gens et de liens, c'est très fantastique? Tu connais un riche mécène ? Tu connais quelqu'un qui connaît quelqu'un qui connaît un riche mécène qui aime les liens? C'est parfait, on t'attend. 



N'empêche, ça ferait une sacrée belle tribune d'honneur pour faire défiler la Wool War


Mais vous savez, on vous voit faire des petits moulinets sur votre tempe avec votre index. Faut pas croire.







dimanche 23 février 2014

Résumé synthétique du projet à l'intention des visiteurs intrigués




WOOL WAR ONE

Résumé synthétique du projet



Bon. Vu qu'on parle de nous dans le poste ( sur BFMTV), à la radio (France Bleu Nord et France Info) et dans les journaux bientôt (Le Point) , on s'est dit, au Délit, que réexpliquer de façon claire et concise ce dont il s'agit, c'était peut-être nécessaire. 

Donc, pour les nouveaux visiteurs, un petit résumé synthétique qui devrait répondre à la question qu'ils se posent à propos de la Wool War, à savoir " mais qu'est-ce que c'est que cette affaire? "


Donc, ce qui s'est passé, en fait, c'est que, quand on s'est retrouvé on ne sait pas trop comment, avec nos gens en laine dans le plus beau musée de la Terre, on était là, tranquillement à regarder, perplexe,  la mine perplexe des gens qui regardaient Marat en laine. Derrière nous, il y avait les chefs du musée qui papotaient. Ils disaient qu'ils nous laisseraient bien deux espaces au premier étage du musée, sur la coursive qui surplombe le bassin, au pied de la très fabuleuse verrière en soleil, et que dans ces deux espaces, ce qui serait bien, c'est qu'on leur tricote la guerre.

On s'est dit "hein? "

Et puis on s'est dit "la guerre? "

D'abord, on a fait semblant de rien, on a fait comme si on n'avait pas entendu et on est allé voir ce que c'était cette histoire de guerre. On a lu des tas de choses qui parlaient d'un archiduc et de plein de morts, d'une génération sacrifiée, de tranchées, d'obus, de boucherie et tout et tout.

Au Délit, on s'est dit qu'en jersey,cette affaire, ça risquait fort de ne pas être très bien.

On s'est donc décidé à dire non merci aux chefs du musée. On leur expliquerait qu'on n'allait pas savoir le faire. Que la guerre, il n'y avait pas grand chose à en tricoter qui n'ait pas déjà été peint, sculpté, écrit. En rajouter une couche en laine, ça n'apporterait pas grand chose.

Bon, tout de même, on a tricoté un soldat. Juste un, pour voir.

Lui.



Non, vraiment, il n'y avait pas moyen.

Et puis on a commencé à se réveiller chaque matin avec une idée nouvelle d'un truc à tricoter qui parlerait de la guerre en jersey et qui nous plaisait bien.

On a acheté un grand cahier pour les écrire, toutes ces idées de la guerre pas tricotable, histoire de ne pas les oublier.

Dans le cahier, on a fait des croquis, des vilains petits dessins de soldats, on a écrit à côté combien de mailles il allait falloir monter, combien de rangs et tout et tout.










Le cahier, il  s'est rempli et c'est net :  c'est infaisable la guerre en jersey. C'est trop triste. Il y a trop de monde. Il y a trop de morts. Il faut trop de casques et de musettes. C'est trop difficile d'en sourire, de la guerre. C'est pas possible. C'est absurde.

Du coup, quand on a revu les chefs du musée, on a dit oui.

D'accord, on va faire la guerre.

Parce que c'est infaisable. C'est pour ça qu'on a dit oui.

La guerre, ça prend du temps. Les guerres éclair, on le sait maintenant, ça n'existe pas.

On a un an. Douze mois. 365 jours pour en venir à bout de cette guerre en laine. Un an pour une guerre, c'est pas abuser. Les vraies guerres, c'est pire.

Pour ça, il va falloir qu'on lâche le reste. Qu'on prenne enfin notre temps. Qu'on apprenne à laisser de côté tous les autres trucs à tricoter. Qu'on laisse tranquilles les Jean-François Copé, les retours annoncés de président perdant, les princes tout nus et tout, pour se consacrer à des soldats anonymes pendant un an et réussir à faire en tricot les idées qui nous sont venues la nuit en images.

On a un nom pour cette chose infaisable.


WOOL WAR 1




Donc on va faire la guerre. 

On va faire des tranchées,du bleu horizon, des besaces, des vareuses. On va armer les gens en laine, on va les ranger en colonnes par deux, et puis on va les faire défiler dans un musée magique. 

C'est ça qu'on va faire. 

La guerre, mais en jersey.

Des idées, dans le cahier, on en a plein, mais on va essayer de garder le secret que janvier 2015.

Voilà.

C'est pour ça qu'on s'en va. On va se cacher dans notre tranchée à nous pour tricoter tout ça, en prenant notre temps, pour que la guerre en laine, elle soit belle.

****************

Sauf que c'est pas tout. 

On en était là, de notre idée absurde, quand il y en a un, au Délit, qui a eu une idée encore plus absurde, une idée que lui avaient soufflée des gens pas en laine qui viennent lire le Délit.

Et si cette World Wool War, on la faisait avec les gens qui viennent voir les gens en laine depuis trois ans? il a dit.

Hein? on a répondu. 

Oui, un truc mondial, comme la guerre.  

Du genre effort de guerre. Comme quand les femmes tricotaient des chaussettes pour les troupes au front. 

A notre tête, ça devait se voir qu'on ne comprenait pas.

Si. On ferait une guerre en jersey à plein de mains. Les gens qui en auraient envie, ils nous le diraient. On leur enverrait la laine et les explications pour faire des vareuses, des croquenots, des besaces, des ceintures, des bretelles, des sacs à dos pour les troupes en jersey du musée magique, qu'ils enverraient au front une fois tricotés dans des petits paquets en papier craft. 

Quand on a entendu ça, au Délit, bim, il y a des images d'une file bleu horizon tellement longue que mille vies et dix mille doigts suffiraient pas pour la faire. 

Une file comme ça, tout seul, au Délit, on devrait se contenter d'en rêver. Mais avec plus de doigts, plus d'aiguilles, la file, on peut la rêver longue, on peut l'imaginer courir le long des murs du musée magique. 

Et du coup, notre guerre à nous, elle deviendrait belle. 

Poétique. 

Ce serait une belle revanche sur la guerre que de réussir à mettre de la poésie dans une chose moche comme tout.

Avec un  petit peu de gens, elle serait un petit peu belle. Avec plus de gens, elle serait  plus belle. 

Ce qui serait encore mieux, ce serait que ces doigts qui tricoteraient  la guerre en jersey, ils viennent du monde entier. Vu que c'est une guerre mondiale. 

Et puis surtout, ce qui nous a rudement plu, c'est l'idée de faire un truc absurde, disproportionné, dépourvu de sens, complètement irréalisable et de le faire avec les gens pas en laine qui regardent les gens en laine depuis longtemps. Parce que l'air de rien, sans les gens pas en laine, les gens en laine, il y a longtemps qu'ils auraient disparu dans le fond d'un vieux carton.

Cette affaire de Délit, elle a commencé sur Internet, si elle se terminait en fanfare avec Internet, ça aurait du panache. Et si les réseaux sociaux, les blogs, Internet et tout et tout, ça pouvait aussi servir à faire un truc inutile et poétique? on s'est dit.

Non mais, on le sait que c'est n'importe quoi cette idée. 

C'est pour ça qu'elle nous plaît..

La seule question à laquelle on ne trouve pas de réponse au Délit, c'est: Mais pourquoi les gens pas en laine feraient ça? Pourquoi ils passeraient une partie de leur temps à un truc qui ne sert à rien? La poésie et tout le blabla, c'est bien gentil, mais bon... 

On ne sait pas non plus si ça existe d'autres gens qui rêvent des mêmes choses insensées.  Si on est tout seul,  on fera une petite file. Si on est plein, on fera une longue file. Mais on le fera, parce que c'est de ça qu'on rêve maintenant au Délit.

Il ne faut pas savoir faire des choses hyper compliquées pour tricoter la guerre. Point endroit, point envers, et basta, ça suffit. Il n'y a même pas de diminutions et d'augmentations. Une pelote, c'est grosso modo six à dix heures de tricot. Le temps qu'on y passe, c'est comme on veut, entre maintenant et début septembre. 

C'est facile la guerre, en fait.

 Voilà. 

C'est ça notre idée. 

Et quand on verra, dans le musée magique, la plaque gravée aux noms de tous les vrais gens qui ont contribué à ce projet complètement irréalisable, avec tout en haut de la plaque "Le Jersey Reconnaissant", on se dira que c'est tout de même mieux qu'un monument aux morts.

 Il n'y a rien à gagner. A la guerre, il n'y a jamais rien à gagner. 

Ca ne sert à rien. La guerre, ça ne sert jamais à rien. 

On le sait que ça ne marchera jamais cette histoire de tricot participatif, d'effort de guerre et tout. On sera tout seul, c'est sûr; mais tant pis. Elle nous plaît trop cette idée pour qu'on ne la fasse pas. 

***********

En résumé


Si tu sais tricoter le point endroit et le point envers, ça te tente de participer à l'effort de guerre en jersey , si tu connais quelqu'un qui veut participer à l'effort de guerre en jersey, si tu veux tricoter une belle guerre à plein de mains, si tu veux contribuer à quelque chose qui ne sert à rien, qui ne rapporte rien, juste ton nom sur un monument, écris-nous dans notre tranchée delitmaille@gmail.com. L'intendance t'enverra les instructions et la laine pour tricoter des musettes ou des chaussures, des vareuses ou des casques. Une pelote représente entre 6 à 10h de travail et on a jusque septembre-octobre environ. Tu les renvoies quand tu veux, comme tu veux.  Et en janvier 2015, tu viens voir la guerre au musée magique 

Non, non, pas d'inquiétude. On ne pleurera pas si on est tout seul. On n'a pas le temps.


Il y a des chances que ce soit  la der des der des gens en laine. On va tout faire pour que ce soit une belle guerre, la der des der.

***************


Voilà. On retourne à notre tranchée.

Peut-être qu'on aura des permissions, des fois, dans cette guerre, et qu'on tricotera des petits trucs pour s'aérer la tête, ou peut-être qu'il se passera des choses qu'on ne pourra pas ne pas tricoter. On ne sait pas.

Mais on vous donnera des nouvelles du front. Histoire de bien vérifier qu'effectivement, on s'est lancé dans un truc infaisable.

Promis.

*************

Il y a Yagg, un journal en ligne, qui a écrit un article sur le Délit, un article qu'on aime beaucoup et qui raconte rudement bien ce qu'on a essayé d'expliquer de façon confuse 


Même qu'on a eu un petit peu envie de pleurer en le lisant tellement c'est juste ce qu'il disent à Yagg sur l'histoire de prendre son temps. 

*************

Voilà. On s'en va. 

On a une guerre sur le feu. 


*******************

Et là, un mois après le début de l'histoire, on en est où ? En trois jours, on a fait le plein de volontaires. Par centaines et du monde entier, de partout en France, du Canada, des Etats unis, de toute l'Europe (même la Suisse est sortie de sa neutralité pour la peine), d'Afrique, des pays scandinaves, d'Australie... On a même une armée de réservistes. Et c'est tout désolés qu'on doit répondre non à tous ceux qui veulent encore et encore s'enrôler dans cette guerre en laine. 
(Presque) tous les enrôlés ont reçu leur paquetage. Dans la boîte aux lettres du Délit, chaque jour, il y a des enveloppes pleines de vareuses et de casques.
On a aménagé des bases arrière secrètes sur le net pour que les volontaires se retrouvent et échangent autour de la Wool War One.  C'est très bruyant. Ca parle de guerre, de tricot, et ça rit beaucoup aussi. C'est parfait. 

On raconte tout ça ici 
http://delitmail.blogspot.fr/2014/01/wool-war-1-rapport-1.html

et puis là aussi 
http://delitmail.blogspot.fr/2014/01/woll-war-1-janvier-bon.html

Voilà


samedi 15 février 2014

Wool War One - Février 14


WOOL WAR ONE 

Février 14


Bon. 

On sort de notre tranchée. 

Alors, ce qu'on a décidé, pendant qu'on était caché et qu'on lisait tous les mots que le vaguemestre 2.0 a apportés, c'est qu'une belle guerre en jersey, c'était pas assez. On monte d'un cran nos ambitions. En fait, on va la faire mieux que ça encore. Et on rajoute un lien à tous ces liens, un gros. Solide. 

Comme ça, ce sera parfait.









Dans la boîte aux lettres du Délit, tous les jours, il y a des vareuses, des casques, des chaussures, les premiers pantalons, des musettes. Plein. Emballés dans du papier de soie, du plastique, du carton, avec des cartes, des petits mots et tout. Tous très fantastiques. Les mots et les tricots. 

Dans la boîte mail du Délit, il y a des tas de messages de ceux qui trépignent parce que les paquetages traînent. On essaie de rassurer tout le monde, de leur dire que dès que Mr Fedex nous apporte les bonnes enveloppes, tout part, mais ça trépigne, ça trépigne. 

On a plein de rencarts la semaine prochaine, avec des tas de journalistes que cette histoire de Wool War intrigue. Ces femmes (et cet homme) qui tricotent partout dans le monde pour faire un truc infaisable qui sert à rien dans un musée magique ça leur pose plein de questions, quand, qui, comment, où et surtout pourquoi.
On va essayer de répondre à tout ça. Essayer quoi.

Sinon, on a laissé les clés des bistrots aux volontaires,  et puis là aussi; et ça ne désemplit pas

Bref, c'est exactement le bazar qu'on imaginait. Un bazar parfait.



jeudi 6 février 2014

Wool War One - On air





On Air


Dans la Belle Histoire, sur France Bleu Nord; ça parle de la Wool War One. 

Si.

C'est  ICI 


Dans les tranchées, tout se met en place. Ca tricote, ça discute, ça crée des groupes et des groupuscules, ça parle stratégie, plans secrets et tout et tout. 

Dans environ 6 millions de mailles, on sera prêt. 

Déjà, sur le banc de la Piscine, les premiers attendent 

Photo Cécile Bidault @RadioFrance


LAST CALL pour l'envoi des paquetages. Sans numéro de téléphone on ne peut pas envoyer les paquetages. Les volontaires engagés qui ne nous l'auraient pas encore envoyé doivent le faire avant lundi (par mail à delitmaille@gmail.com), s'ils ne veulent pas que les réservistes qui trépignent à la porte ne prennent leur place. 

C'est sévère la guerre.