mercredi 29 janvier 2014

Wool War One . Bases arrière



BASES ARRIERE




Bon.

Alors.

Des nouvelles du front.

Plein.




Petit un: les paquetages.








Il y a ceux qui sont partis et arrivés. Il y a ceux qui sont partis et pour lesquels Mr Fedex continue de sillonner les départementales et les chemins vicinaux et qui, petit à petit, arrivent à destination. . Il y a ceux qui sont partis hier pour lesquels on ne s'est pas fait avoir une deuxième fois, auxquels on a ajouté le numéro de téléphone ad hoc pour éviter cette errance angoissante et qui devraient arriver très bientôt. Il y a ceux qui sont prêts, empaquetés, avec adresse et téléphone bien comme il faut et qui attendent, sagement stockés dans les coulisses du musée. Pour ceux-là, il nous faudra encore quelques dizaines d'heures pour entrer toutes vos adresses (et téléphone. Ne pas oublier le téléphone, sinon, errance) dans l'ordinateur du musée magique, descendre quatre à quatre les escaliers en bois noir des coulisses, récupérer les bordereaux à la photocopieuse, coller la pochette plastique sur l'enveloppe, insérer les documents dans la pochette, glisser l'enveloppe de paquetage dans l'enveloppe d'envoi, retirer la bande autocollante, fermer l'enveloppe, la jeter dans l'immense sac pour les envois du jour, remonter quatre à quatre les escaliers noirs, entrer des adresses et des téléphones dans l'ordinateur, descendre l'escalier noir, récupérer, plier, coller, glisser, fermer, jeter, monter, descendre.....  Bref, tout va parfaitement bien pour les paquetages. C'est un bazar parfaitement désorganisé d'une efficacité maximale qui fait qu'au Délit, on est tout à fait confiants. On sait que tout le monde aura ses munitions dans les semaines qui viennent.


Petit deux: les groupes 




Au Délit, on s'est dit que ce qui serait bien, ce serait qu'il y ait un endroit où les volontaires engagés dans ce projet flou puissent se retrouver pour discuter de la Wool War et tout et tout, échanger sur les aspects techniques de la chose, compter les mailles, les rangs, les centimètres, poser les questions qui les taraudent ou répondre aux questions qui taraudent les autres.

Mais pas que.

Parce que vous êtes des centaines, de partout dans le monde, avec chacun des histoires à raconter par rapport à ce projet, des histoires d'arrière grand-père, de grand oncle, des histoires de monuments aux morts près de chez vous avec des choses tourneboulantes écrites dessus, des histoires de moustaches, des histoires de photos, des carnets de guerre retrouvés dans des tiroirs, des histoires de femmes dans des banlieues africaines, de copines autour d'un feu et que ces histoires que vous avez racontées au Délit,c'est dommage que vous n'ayiez pas tous pu les lire. Elles sont rudement bien ces histoires.

Parce que des films, des livres, des manifestations, des tableaux, des poètes, des expositions, des chansons, ce projet, il nous en amène par dizaines. On voudrait bien pouvoir les partager. On trépigne de vous raconter Wilfred Owen, Louis Barthas et tout, mais aussi de lire ce que vous vous avez envie de partager. Un lieu pour ça, plus convivial que juste l'espace des commentaires sur le blog, ce serait bien.

Parce qu'il y a des gens pas en laine qui proposent des coins de canapé à Paris pour apprendre aux bleusailles les bases du tricot, des gens qui habitent tout près les uns des autres et qui, si ça se trouve, ne le savent même pas

Parce que vos récits d'essais de tricot, ils sont à mourir de rire

Parce qu'on aura des rendez-vous pour des rencontres pas virtuelles à donner

Parce qu'on voudrait pas tout dévoiler du projet sur le blog, qu'il reste des surprises à la fin.

Parce que l'occasion que des gens si différents à tous points de vue se retrouvent; elle ne présente pas si souvent et qu'on serait bien idiots de la laisser passer, cette occasion. On a un an. Un an pour tisser ces liens, et ça c'est bien.

Parce que plus on réfléchit au sens de tout ça, ce qu'on se dit, au Délit, c'est que l'oeuvre finale, c'est autant l'armée de laine que l'idée de ces milliers de doigts qui l'ont fabriquée.

Bref, il fallait un lieu. Un bistrot, ça aurait été parfait, mais on n'en a pas trouvé d'assez grand et d'assez central dans le monde pour pouvoir réunir tout le monde.

Du coup, on en a fait deux, des lieux, mais virtuels. Des cafés virtuels où on entre comme on veut, quand on veut, pour papoter avec les uns et les autres, prendre des nouvelles du projet, suivre en temps réel l'avancée des troupes ...

Le premier bistrot, son adresse c'est

chez Ravelry. (clique).

 Pour ceux qui ne connaissent pas, Ravelry, c'est un peu le QG des tricoteurs du monde. C'est Picotine, depuis le  Québec, qui s'est chargée de tout mettre en place pour créer le premier bistrot de la Wool War. Elle a monté les murs, peint, tapissé, installé des chaises pour tout le monde. C'est tellement bien ce qu'elle a fait qu'on lui a confié les clés. En plus, elle est gentille et jamais agacée par le temps qu'on met parfois à lui répondre au Délit.
Pour entrer dans ce bistrot, il faut d'abord s'inscrire sur Ravelry (gratuit) et faire tout comme Picotine nous l'a expliqué, c'est à dire :

Pour l'inscription sur Ravelry. Les gens pas en laine devront aller à la page suivante:
https://www.ravelry.com/account/login

Il faut ensuite:
Cliquer sur le bouton "Join now"

Une nouvelle page apparaît dans laquelle nous sommes invités à entrer une adresse courriel.
Un lien pour l'inscription est alors envoyée à l'adresse courriel entrée.
Cliquer sur le lien contenu dans le message reçu, il mène à une page qui permet de choisir le nom d'utilisateur et un mot de passe.


Ensuite, il suffit de demander à rejoindre le groupe Wool War One à l'adresse 




Pour le deuxième bistrot, on a pensé que les habitués de Facebook pouvaient avoir envie de se retrouver à où ils avaient leurs habitudes. On a donc créé un groupe là aussi, sauf que là, on n'avait pas Picotine pour faire quelque chose de joli et qu'on espère bien que quelqu'un qui s'y connaît un peu en Facebook nous donnera un coup de main pour décorer l'endroit et nous expliquer comment ça marche. En attendant, c'est ouvert quand même, au milieu des plâtres et c'est ici. 





Voilà.

Ha non.

Effectivement.

Simple et concis, on ne sait pas faire.

Rendez-vous aux bistrots, les gens., celui que vous voulez. On vous y attend.


* Psst, il nous manque encore des numéros de téléphone. Pas de téléphone, pas de paquetage. C'est sévère la guerre.

mardi 21 janvier 2014

Wool War 1 Première bataille



WOOL WAR 1 

Première bataille


Paquetages en partance


Bon. 

On n'a pas gagné la guerre encore.

On était tout fiers. On avait fini la conscription et fait tous les paquetages. 

On avait commencé les envois. Les premiers arrivent dès aujourd'hui. Les autres envois sont programmés de façon échelonnée dans les jours et semaines à venir. Pas d'inquiétude si ça tarde, la machine est lancée et bien lancée. 

Le seul petit souci qu'on a, au Délit, c'est que c'est Mr Fedex qui se charge de l'acheminement des pelotes et tout et tout. 

Et que Monsieur Fedex, pas toujours mais souvent, il veut un numéro de téléphone pour vous appeler avant la livraison. 

Donc on a absolument besoin d'un numéro de téléphone pour continuer les envois

Vous pouvez nous l'envoyer sur delitmaille@gmail.com

Pour les envois déjà effectués hier, on va essayer de retrouver les livreurs qui errent comme des âmes en peine sur les routes de France à votre recherche et qui nous appellent, les uns après les autres, pour savoir si vous êtes chez vous.  S'ils sont définitivement perdus dans la lande, on recommencera les envois, mais promis, chacun aura son paquetage. 
A réception, un petit mot nous permettra de tenir le listing des envois à jour. 


Ha mais, on va pas se laisser décourager par une toute petite bataille de rien. 

A la guerre comme à la guerre. 


lundi 20 janvier 2014

WW1 Paquetages

WOOL WAR 1 

Paquetages







Bon. 

Voilà. 

On est prêt.

Il y a dix-sept jours, on a rêvé de cette idée. On en a parlé aux gens.


Des tas et des tas de volontaires ont levé leur petite main pour dire Moi, moi !

On a constitué des bataillons et des régiments, trouvé des marraines magiques, dessiné les uniformes, réalisé les prototypes, dévalisé les magasins de munitions en laine, traversé la ville avec des sacs de vingt kilos sur l'épaule, on a trouvé une base arrière pour les brain storming, engagé l'Etat-Major, on a planifié les réunions au sommet, on a (quasi) terminé les paquetages, déterminé le modus operandi en jersey et là …


On est prêt.

Aujourd'hui, on commence l'envoi des paquetages. 

Et donc, l'idée, c'est de transformer ça 



en armée de jersey.

Hum hum.








lundi 13 janvier 2014

Wool War 1 Janvier



WOLL WAR 1 

Janvier 





Bon. 

On ne peut plus faire marche arrière. 

Au Délit, quand on se retourne et qu'on voit tous ces gens, armés jusqu'aux dents d'aiguilles 2 qui trépignent pour faire la guerre, on a un petit peur. On ne peut plus se carapater à toute berzingue. 

Il a fallu deux jours. Deux jours pour avoir dix fois, cent fois plus de volontaires qu'on imaginait possible d'en intéresser au départ, quand l'idée de la Wool War a germé dans notre tête. 

On a essayé de répondre à tout le monde. parce que toutes les lettres étaient chouettes. C'était pas facile, il y avait vraiment vraiment beaucoup de gens. 

On a reçu plein de photos de grand-pères moustachus, plein d'histoires de gens taiseux.

On nous a proposé du saucisson, du tabac, des sous, des timbres, des parrainages bienveillants, des logos, de l'aide logistique... 

On a reçu des lettres de partout en France. Des lieux dits et de Paris. De hameaux où il n'y a pas de noms de rues et du campus de Microsoft. D'Italie, du Royaume Uni, d'Allemagne, de Norvège, du Danemark, de Suède, d'Espagne, du Portugal, de Belgique, du Québec, du Canada, des Etats Unis, du Ghana, du Sénégal, d'Autriche, de Suisse... 

Des lettres qui parlent de tricoter dans un quartier d'Accra "juste au-dessus du bidonville" ou à deux autour d'un thé le jeudi. 

Des lettres de gens qui écrivent pour d'autres qui n'ont pas Internet, des hommes et des femmes, des jeunes et des moins jeunes.  

Il n'y en a pas une, dans toutes ces lettres, qui ne racontait rien. Même pas les plus laconiques, celles qui se contentaient d'un "je veux bien la faire, cette Wool War", elles racontaient des histoires de famille ou des histoires mondiales. 

Et là, au Délit, on s'est dit mais mince, cette guerre-là, un an pour essayer de comprendre comment elle résonne chez tout le monde, ce ne sera pas trop. 

Et puis, on s'est dit aussi qu'à tous ces gens qui nous ont emboîté le pas sans rien demander, on leur devait un petit plus d'explications. Nous, au Délit, on voudrait savoir ce à quoi on apporte notre contribution. On voudrait être sûr que ce que racontera cette affaire au final, ça nous aille. 

On ne veut pas trop en dire, sur le résultat final, parce qu'on est sûr que l'idée de départ va s'enrichir des histoires individuelles  au fur et à mesure que l'armée commencera à exister. Ca a déjà commencé d'ailleurs. L'idée a déjà évolué et d'autres ramifications ont déjà commencé à pousser. 

Ce sera une grande armée minuscule. 

On sait à peu près bien ce qu'elle ne sera pas. 

Pas une reconstitution en costume d'époque.
Pas un truc où on fait la maligne pour faire rire. Pas de ricanements. pas de cynisme. 
Pas un truc triste non plus. On ne va tout de même pas passer un an à pleurer. 
Pas un record pour le Guiness Book. C'est pour ça qu'on a décidé qu'on ne donnerait de chiffres sur rien ,  sur combien vous êtes, sur la taille de l'armée en jersey,  sur le nombre d'heures passées à croiser des fils. Ce n'est pas l'essentiel et on ne voudrait pas que ces chiffres qui donnent un peu le tournis éclipsent le reste, ce qu'on veut raconter. 
Pas une performance.
Pas une glorification de la guerre, pas une histoire de vainqueurs et de vaincus, de batailles


Pour ce que ce sera, c'est plus compliqué à expliquer. 

Ce sera une histoire d'hommes envoyés au casse-pipe et une histoire de femmes qui prennent leur place  avec leurs aiguilles. 

Grosso modo, ce qu'on racontera au final, c'est une histoire de lien.

 Le fil, c'est parfait pour le lien. Lien entre 1914 et 2014, un lien entre des petits-enfants, des arrière-petits-enfants, des arrière-arrière-petits-enfants et des photos d'hommes moustachus 
Un long fil de cent ans, un fil qui peut aller de Seattle à Roubaix, en passant par Pontypridd, Bordeaux, Biescheim, Mirefleurs, Lisbonne... 
Un fil qui relie des hommes et des femmes qui n'ont rien à voir les uns avec les autres, tous très différents. 

On va mettre un S à lien, tiens. Tellement de liens (sans compter tous ceux qu'on oublie) ça mérite bien un S. 
Donc ce sera une histoire de liens. 

Et puis une histoire de tendresse. Un check tendre adressé aux moustachus par-dessus cent ans et des milliers de kilomètres 

Donc une histoire de tendresse.

Sans S.

C'est ça qu'on veut faire de tous ces petits morceaux tricotés qu'on va recevoir. 

Ha mais oui, on est d'accord. C'est flou. 

C'est pour ça que c'est bien. Parce que c'est flou. 

Inutile, infaisable, beau et flou. 

C'est parfait.

****************

Pour l'organisation, on a aussi décidé qu'on allait le faire comme on savait. 

Mal. 

On est confiant. La désorganisation, le bazar, le flou, on maîtrise. 

Trust us. Au final, ça finit toujours par fonctionner. 

Pour l'instant, on a terminé les enrôlements. On a dû refuser plein de monde et constituer une armée de réserve. On n'aime pas ça, au Délit, refuser l'entrée. 

On attaque la phase Paquetages et Feuilles de route. On répartit les casques, les musettes, les vareuses...

Vendredi, on va dévaliser notre dealer de laine qui a un peu ouvert des grands yeux incrédules derrière ses lunettes papillon dorées quand on lui a dit combien de pelotes il nous fallait. 

Toutes ces pelotes, on va les mettre dans des enveloppes et écrire les adresses dessus.

Dès que cette phase sera terminée, on préparera nos petites affaires pour aller dormir au Musée Magique et entrer jour et nuit toutes vos adresses dans l'ordinateur, pour que Monsieur Fedex vous apporte vos paquetages. 

Entre temps, on va organiser un cyber-camp de base (sans doute sur Ravelry) pour que vous puissiez y échanger entre volontaires, y poser les questions qui pourraient vous venir, on va embaucher les gens qui se sont portés volontaires pour être agents de transmission. On va répondre à celles qui ont imaginé un logo comme un coquelicot à la boutonnière Internet. des volontaires. Répondre aux autres aussi, pour le saucisson et le tabac. 

Et là, on devrait être opérationnels. On espère que fin janvier, tout le monde aura son paquetage. 


Par moments, on a un éclair de lucidité et on se demande mais pourquoi tout ça? 

Sans doute parce que c'est infaisable, inutile, beau et flou.




























mardi 7 janvier 2014

WOOL WAR , go go go



WOOL WAR 

TOP DEPART 



Bon. 

On est content. 

Ravis.

Sur un nuage. 

En vrai, on saute de joie. 

On peut recruter tous les volontaires qui se sont manifestés depuis l'annonce de la Wool War1 jusqu'à maintenant

Vu que  le musée magique est vraiment magique. 

D'ici la fin du mois, vous aurez tous reçu votre paquetage (laine et instructions) , en France comme à l'étranger

Et on va pouvoir faire la plus belle Wool War qu'on ait jamais vu. 

Elle est pas belle la vie?  

Si, elle est belle.

(Le seul truc qu'on regrette, c'est qu'à partir de demain, on va devoir refuser des volontaires vu le raz de marée de gens pas en laine assez fous pour nous suivre sur ce projet. A tous, un immense merci)

Wool War 1 . Rapport 1



WOOL WAR 

Rapport 1


Bon. 

Alors.

La guerre en laine. 

On en est où ? 

En fait, on en est loin loin loin au-delà de ce qu'on espérait au Délit. 

L'armée en jersey impossible, là, d'un coup, elle devient possible. 

Les Knitting Bees, il y en a eu plein qui se sont manifesté. Des hommes, des femmes, des jeunes, des moyen jeunes, des moyen pas jeunes, des du Nord de la France, du Sud de la France, de l'Est, de l'Ouest, des de grandes villes, des de lieux-dits, des qui ont plein de temps, des qui n'ont pas une minute de libre, des de Belgique, de Suisse, du Portugal, d'Espagne, d'Allemagne, du Ghana, du Sénégal, des Etats Unis, du Canada, du Québec, de Norvège, du Danemark... 

Il y en a qui ont proposé des coins de canapé parisien  pour apprendre à d'autres à tricoter, des qui apprendront à d'autres aussi, mais du côté du Lac Volta, des qui ont prévu de faire ça autour d'un thé, des qui se demandent pourquoi ils ont envie de faire des vareuses, des qui ne savent pas tricoter mais veulent bien traduire, réceptionner, assurer la logistique, des qui des qui ....

Les doigts, c'est pas ce qui va manquer. A 3000 doigts, on a arrêté de compter. 

On n'a pas pu répondre à tout le monde, vu qu'on enregistrait les conscrits, qu'on lisait des centaines de mails plus sympas les uns que les autres. qu'on notait des noms et des adresses, des idées, qu'on faisait des listes, des ratios pelote/volontaire, qu'on calculait et tout et tout. Mais on a tout lu. On espère pouvoir répondre bientôt à chacun. 

Bref, la Wool War, elle va se faire. 

Au Délit on trouve ça très fantastique. Effrayant un peu, mais très fantastique. 

Dès demain, on envie les premières munitions. 

Et demain aussi, on étudie le souci qu'on a. 

Les sous. 

Les sous pour financer cette armée bien plus grande que ce qu'on avait prévu. C'est vraiment beaucoup trop grand. Impossible. Infaisable. 

Du coup, forcément, on a envie d'y arriver. 

La Wool War, si on veut qu'elle soit belle, on ne peut pas la tricoter avec des restes. Ca ne ressemblera à rien, et nous, au Délit, on la rêve belle. Il faut vraiment que tout le monde tricote la même laine, avec les mêmes explications, les mêmes aiguilles. Grosso modo, il faut qu'on trouve 3 euros par soldat (ou 5 euros par tricoteur) juste pour financer la laine et les frais d'envoi. (mais qu'on n'aime pas ça, ces histoires d'argent)

On a en tête plusieurs solutions en tête pour arriver à ça, mais il nous faut encore quelques jours pour décider de comment on fera. 

C'est de ça que dépendra la longueur de la file qui courra sous la verrière du musée magique, du nombre de volontaires qu'on peut enrôler. 

Bref, on réfléchit. 

En attendant la réponse à ce souci-là, la Wool War démarre

1) pour l'instant, on accepte encore quelques tricoteurs, mais plus très longtemps. A priori, tous ceux qui nous ont envoyé un mail seront recrutés, dans l'ordre d'arrivée. A partir de ce soir, on fera sans doute une armée de réserve, pour pallier aux désertions. 

2) On a réparti les Knitting Bees en bataillons. 

Il y a le bataillon Vareuses, le bataillon Musettes, le bataillon Casques, le bataillon Pantalons, le bataillon Sacs à dos, le bataillon Godillots, le bataillon Ceintures-Bretelles-Cartouchières

Ha ben si, il y a des chances qu'au dixième casque tricoté, ça devienne un peu ennuyeux. Mais la guerre, c'est ennuyeux. 

Au Délit, on se charge des gens en laine, qu'on habillera avec tout ce que les bataillons enverront. Il y aura sans doute un petit bataillon Jambes et Ventres, pour qu'au Délit, on puisse prendre des micro-pauses pour manger. 


3) L'idée, c'est qu'au départ on a juste un fil, qu'avec ce fil, les Knitting Bees font des morceaux tricotés, et qu'au final, au Délit, on transforme ça en gens en laine, puis tous ces gens en laine en quelque chose de beau. Donc, non, personne ne tricote son soldat à lui, ce sont  des petits bouts de guerre qui assemblés deviendront le truc dont on rêve. 

4) Demain, on envoie les premiers paquetages aux 50 premiers volontaires (affectation, laine et instructions) 

5) Demain, on croise les doigts pour trouver une solution pour faire pareil pour tous les autres volontaires

6) Accessoirement, demain, on va aussi attaquer  le démontage de l'expo Hollywool qui se termine aujourd'hui..C'était chouette à vivre cette expérience des gens en laine à la Manufacture des Flandres. On va essayer de pas pleurer. . 


Voilà. 

On en est là. 


Si, si, c'est effrayant ce qui se profile. Effrayant mais très fantastique. 


Merci les gens




vendredi 3 janvier 2014

La der des der




La der des der

Le projet Wool War 1 



Bon. 

Attention, c'est rudement long.  Le plus long qu'on n'ait jamais écrit, au Délit. Et le plus sans gens en laine qu'on ait jamais écrit. 

Petit un  : Bonne année les gens.

Au Délit, on vous souhaite à tous une année 2014 très fantastique. Santé, richesse, beauté, bonheur  et tout et tout.

Petit deux : On s'en va  

 On aurait pu continuer à tricoter non-stop, comme depuis trois ans, le matin, le midi, le soir, des fois la nuit, des têtes, des bras, des jambes, des cravates, des casques, des souliers vernis.
On aurait pu continuer à se jeter comme des morts de faim sur nos aiguilles à chaque événement politique absurde à pleurer, de rire ou pas de rire.
On aurait pu continuer à tricoter à toute berzingue des dictateurs, des Poutine pleins de mansuétude, des Khodorkovski en goguette, des coeurs artificiels en jersey - on aurait mis un petit moteur dedans pour le faire battre- des élections municipales, des élections européennes, des rock stars, des tyrans, des retours de perdants et tout et tout.

On aurait pu. Il y avait matière.

Sauf que non.

Ce qui s'est passé, en fait, c'est que, quand on s'est retrouvé on ne sait pas trop comment, avec nos gens en laine dans le plus beau musée de la Terre, on était là, tranquillement à regarder, perplexe,  la mine perplexe des gens qui regardaient Marat en laine. Derrière nous, il y avait les chefs du musée qui papotaient. Ils disaient qu'ils nous laisseraient bien deux espaces au premier étage du musée, sur la coursive qui surplombe le bassin, au pied de la très fabuleuse verrière en soleil, et que dans ces deux espaces, ce qui serait bien, c'est qu'on leur tricote la guerre.

On s'est dit "hein? "

Et puis on s'est dit "la guerre? "

D'abord, on a fait semblant de rien, on a fait comme si on n'avait pas entendu et on est allé voir ce que c'était cette histoire de guerre. On a lu des tas de choses qui parlaient d'un archiduc et de plein de morts, d'une génération sacrifiée, de tranchées, d'obus, de boucherie et tout et tout.

Au Délit, on s'est dit qu'en jersey,cette affaire, ça risquait fort de ne pas être très bien.

On s'est donc décidé à dire non merci aux chefs du musée. On leur expliquerait qu'on n'allait pas savoir le faire. Que la guerre, il n'y avait pas grand chose à en tricoter qui n'ait pas déjà été peint, sculpté, écrit. En rajouter une couche en laine, ça n'apporterait pas grand chose.

Bon, tout de même, on a tricoté un soldat. Juste un, pour voir.

Lui.



Non, vraiment, il n'y avait pas moyen.

Et puis on a commencé à se réveiller chaque matin avec une idée nouvelle d'un truc à tricoter qui parlerait de la guerre en jersey et qui nous plaisait bien.

On a acheté un grand cahier pour les écrire, toutes ces idées de la guerre pas tricotable, histoire de ne pas les oublier.

Dans le cahier, on a fait des croquis, des vilains petits dessins de soldats, on a écrit à côté combien de mailles il allait falloir monter, combien de rangs et tout et tout.










Le cahier, il  s'est rempli et c'est net :  c'est infaisable la guerre en jersey. C'est trop triste. Il y a trop de monde. Il y a trop de morts. Il faut trop de casques et de musettes. C'est trop difficile d'en sourire, de la guerre. C'est pas possible. C'est absurde.

Du coup, quand on a revu les chefs du musée, on a dit oui.

D'accord, on va faire la guerre.

Parce que c'est infaisable. C'est pour ça qu'on a dit oui.

La guerre, ça prend du temps. Les guerres éclair, on le sait maintenant, ça n'existe pas.

On a un an. Douze mois. 365 jours pour en venir à bout de cette guerre en laine. Un an pour une guerre, c'est pas abuser. Les vraies guerres, c'est pire.

Pour ça, il va falloir qu'on lâche le reste. Qu'on prenne enfin notre temps. Qu'on apprenne à laisser de côté tous les autres trucs à tricoter. Qu'on laisse tranquilles les Jean-François Copé, les retours annoncés de président perdant, les princes tout nus et tout, pour se consacrer à des soldats anonymes pendant un an et réussir à faire en tricot les idées qui nous sont venues la nuit en images.

On a un nom pour cette chose infaisable.


WOOL WAR 1





Donc on va faire la guerre. 

On va faire des tranchées,du bleu horizon, des besaces, des vareuses. On va armer les gens en laine, on va les ranger en colonnes par deux, et puis on va les faire défiler dans un musée magique. 

C'est ça qu'on va faire. 

La guerre, mais en jersey.

Des idées, dans le cahier, on en a plein, mais on va essayer de garder le secret que janvier 2015.

Voilà.

C'est pour ça qu'on s'en va. On va se cacher dans notre tranchée à nous pour tricoter tout ça, en prenant notre temps, pour que la guerre en laine, elle soit belle.

****************

Sauf que c'est pas tout. 

On en était là, de notre idée absurde, quand il y en a un, au Délit, qui a eu une idée encore plus absurde, une idée que lui avaient soufflée des gens pas en laine qui viennent lire le Délit.

Et si cette World Wool War, on la faisait avec les gens qui viennent voir les gens en laine depuis trois ans? il a dit.

Hein? on a répondu. 

Oui, un truc mondial, comme la guerre.  

Du genre effort de guerre. Comme quand les femmes tricotaient des chaussettes pour les troupes au front. 

A notre tête, ça devait se voir qu'on ne comprenait pas.

Si. On ferait une guerre en jersey à plein de mains. Les gens qui en auraient envie, ils nous le diraient. On leur enverrait la laine et les explications pour faire des vareuses, des croquenots, des besaces, des ceintures, des bretelles, des sacs à dos pour les troupes en jersey du musée magique, qu'ils enverraient au front une fois tricotés dans des petits paquets en papier craft. 

Quand on a entendu ça, au Délit, bim, il y a des images d'une file bleu horizon tellement longue que mille vies et dix mille doigts suffiraient pas pour la faire. 

Une file comme ça, tout seul, au Délit, on devrait se contenter d'en rêver. Mais avec plus de doigts, plus d'aiguilles, la file, on peut la rêver longue, on peut l'imaginer courir le long des murs du musée magique. 

Et du coup, notre guerre à nous, elle deviendrait belle. 

Poétique. 

Ce serait une belle revanche sur la guerre que de réussir à mettre de la poésie dans une chose moche comme tout.


Avec un  petit peu de gens, elle serait un petit peu belle. Avec plus de gens, elle serait  plus belle. 

Ce qui serait encore mieux, ce serait que ces doigts qui tricoteraient  la guerre en jersey, ils viennent du monde entier. Vu que c'est une guerre mondiale. 

Et puis surtout, ce qui nous a rudement plu, c'est l'idée de faire un truc absurde, disproportionné, dépourvu de sens, complètement irréalisable et de le faire avec les gens pas en laine qui regardent les gens en laine depuis longtemps. Parce que l'air de rien, sans les gens pas en laine, les gens en laine, il y a longtemps qu'ils auraient disparu dans le fond d'un vieux carton.

Cette affaire de Délit, elle a commencé sur Internet, si elle se terminait en fanfare avec Internet, ça aurait du panache. Et si les réseaux sociaux, les blogs, Internet et tout et tout, ça pouvait aussi servir à faire un truc inutile et poétique? on s'est dit.

Non mais, on le sait que c'est n'importe quoi cette idée. 

C'est pour ça qu'elle nous plaît..

La seule question à laquelle on ne trouve pas de réponse au Délit, c'est: Mais pourquoi les gens pas en laine feraient ça? Pourquoi ils passeraient une partie de leur temps à un truc qui ne sert à rien? La poésie et tout le blabla, c'est bien gentil, mais bon... 

On ne sait pas non plus si ça existe d'autres gens qui rêvent des mêmes choses insensées.  Si on est tout seul,  on fera une petite file. Si on est plein, on fera une longue file. Mais on le fera, parce que c'est de ça qu'on rêve maintenant au Délit.

Il ne faut pas savoir faire des choses hyper compliquées pour tricoter la guerre. Point endroit, point envers, et basta, ça suffit. Il n'y a même pas de diminutions et d'augmentations. Une pelote, c'est grosso modo six à dix heures de tricot. Le temps qu'on y passe, c'est comme on veut, entre maintenant et début septembre. 

C'est facile la guerre, en fait.

 Voilà. 

C'est ça notre idée. 

Et quand on verra, dans le musée magique, la plaque gravée aux noms de tous les vrais gens qui ont contribué à ce projet complètement irréalisable, avec tout en haut de la plaque "Le Jersey Reconnaissant", on se dira que c'est tout de même mieux qu'un monument aux morts.

 Il n'y a rien à gagner. A la guerre, il n'y a jamais rien à gagner. 

Ca ne sert à rien. La guerre, ça ne sert jamais à rien. 

On le sait que ça ne marchera jamais cette histoire de tricot participatif, d'effort de guerre et tout. On sera tout seul, c'est sûr; mais tant pis. Elle nous plaît trop cette idée pour qu'on ne la fasse pas. 

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En résumé


Si tu sais tricoter le point endroit et le point envers, ça te tente de participer à l'effort de guerre en jersey , si tu connais quelqu'un qui veut participer à l'effort de guerre en jersey, si tu veux tricoter une belle guerre à plein de mains, si tu veux contribuer à quelque chose qui ne sert à rien, qui ne rapporte rien, juste ton nom sur un monument, écris-nous dans notre tranchée delitmaille@gmail.com. L'intendance t'enverra les instructions et la laine pour tricoter des musettes ou des chaussures, des vareuses ou des casques. Une pelote représente entre 6 à 10h de travail et on a jusque septembre-octobre environ. Tu les renvoies quand tu veux, comme tu veux.  Et en janvier 2015, tu viens voir la guerre au musée magique 

Non, non, pas d'inquiétude. On ne pleurera pas si on est tout seul. On n'a pas le temps.


Il y a des chances que ce soit  la der des der des gens en laine. On va tout faire pour que ce soit une belle guerre, la der des der.


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Voilà. On retourne à notre tranchée.

Peut-être qu'on aura des permissions, des fois, dans cette guerre, et qu'on tricotera des petits trucs pour s'aérer la tête, ou peut-être qu'il se passera des choses qu'on ne pourra pas ne pas tricoter. On ne sait pas.

Mais on vous donnera des nouvelles du front. Histoire de bien vérifier qu'effectivement, on s'est lancé dans un truc infaisable.

Promis.

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Il y a Yagg, un journal en ligne, qui a écrit un article sur le Délit, un article qu'on aime beaucoup et qui raconte rudement bien ce qu'on a essayé d'expliquer de façon confuse 


Même qu'on a eu un petit peu envie de pleurer en le lisant tellement c'est juste ce qu'il disent à Yagg sur l'histoire de prendre son temps. 

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Voilà. On s'en va. 

On a une guerre sur le feu.