mercredi 26 juin 2013

Arty Délit : Tricote ton coq de Cogghe



ARTY DELIT 

Tricote 
ton coq de Cogghe 








Bon. Dans quoi on s'est embarqué ....

Peut-être que c'était pas une bonne idée en fait de libérer les gens des tableaux du Musée de la Piscine de Roubaix. 

Une fois qu'is sortent, le problème, c'est qu'on n'en est plus maître. 



Rémy Cogghe Combats de coqs en Flandres 1889










 Tout seul, on n'y serait jamais arrivé.



























mardi 18 juin 2013

Expo : Délit Maille raconte Hollywool et Swimming Wool


DELIT MAILLE 

raconte 

Hollywool et Swimming Wool





Bon. Ca rigole plus.


On vous raconte?


Attention, c'est très très long.


Alors, ce qui s'est passé, c'est qu'après la ribouldingue au salon l'Aiguille en Fête à Paris en février, où personne ne nous avait jeté de cailloux, au Délit, on s'était dit tiens, et pourquoi on ferait pas la même chose mais tout près de chez nous?

Pas bête, on s'est répondu à nous-mêmes.

Alors on a contacté un des lecteurs du Délit des premières heures qui, incidemment, se trouve aussi être de  Roubaix. Qui dès le début nous avait écrit pour nous dire que les gens en laine le faisaient rigoler.

Ce qu'on lui a dit, c'est excusez-nous son Altesse (c'est quelqu'un d'important), mais on a une idée, on aimerait bien faire la même chose qu'à Paris, mais dans la ville des filatures. Pour plein de raisons, on trouvait que nos gens en laine pouvaient avoir leur place là.

On n'était pas fiers, à ce moment-là. Comme un gueux qui offre un poulet à un suzerain un peu. En même temps, on se disait qu'au pire, on finirait quelques années dans un cul-de-basse-fosse pour payer cette audace et qu'au mieux on nous donnerait une tape bienveillante sur l'épaule en nous ramenant vers la sortie du palais.

Et puis non. C'est pas du tout ça qui s'est passé.

Notre Marraine la Bonne Fée Républicaine de Roubaix  a dit banco, allez on le fait. Les gens en laine dans la ville de la laine, ça me plaît

Gloups on a dit.

Et puis on a rencontré d'autres gens, des lecteurs silencieux aussi, qui eux étaient les tenanciers d'un musée plein de machines immenses et halllucinantes qu'un fou furieux avait conçues pour tisser du fil il y a longtemps.

En regardant nos pieds, on leur a raconté notre idée. On leur a dit qu'on rêvait d'un jardin à la Tim Burton avec plein de gens en laine dedans, qu'un jardin dans une usine, ça nous plaisait bien cette idée, que peut-être il y a des gens qui aimeraient bien se promener dans ce jardin bizarre.

Et là, les gens ont aussi banco, allez on le fait.

Gloups on a redit.

Et comme ça, d'un coup est arrivée l'idée d'un grand hapenning des gens en laine dans un jardin dans une usine dans Roubaix.

Qui dit jardin dit fleurs.

Qui dit fleurs dans une usine dit pas facile.

Sauf qu'à la Manufacture des Flandres, il y a un gang de tricoteuses redoutables. Féroces. Acharnées.

On leur a demandé, dîtes donc, le Gang, faire fleurir la fonte de la Manufacture, ça vous plairait? On n'avait pas fini la phrase qu'elles avaient déjà tricoté 3000 amaryllis, 20000 pensées, des montagnes d'arums et qu'elles rigolaient en tricotant des pistils surdimensionnés.

Et voilà. On en est là.

A Hollywool à la Manufacture des Flandres à Roubaix du 22 octobre à début janvier




HOLLYWOOL, LE DÉLIT & THE GANG
Bon. Une usine, des machines comme des montagnes, du fil, des briques, le Gang qui fait fleurir la fonte, les gens en laine du Délit Maille. Hollywool à la Manufacture des Flandres, ce sont les idoles, les icônes, les connus et les anonymes, ceux qu'on a vus et adorés, ceux qu'on a vus et détestés, ceux qu'on n'a pas vus, ceux qu'on a oublié avoir vu, ceux qu'on aurait aimé voir, ceux qui nous font sourire et ceux qui nous ont fait pleurer, ceux à qui ont offrirait des fleurs et ceux à qui on jetterait des cailloux, ceux de la télé, ceux de l'histoire, ceux des cinémas, des concerts, les beaux et les moches, les tendres, les cyniques …
Les gens  du Délit, ce qu'ils racontent, ce sont des bribes d'histoire anecdotique qui appartiennent à l'histoire de chacun. Les sculptures minuscules en laine, ce qu'elles racontent, c'est la manière qu'a chaque visiteur d'être au monde
Vas-y, tricote-toi ton panthéon, c'est ça que le Délit dit à l'oreille du visiteur.
Des panthéons dérisoires parce qu'en jersey endroit aiguilles 2 et précieux parce qu'uniques

Lieu : Manufacture des Flandres, 25 rue de la Prudence
Horaires : du mardi au dimanche de 14h à 18



Mais en fait c'est pas tout.

Parce que juste après, on a rencontré les gens de La Piscine à Roubaix. La Piscine, c'est ce musée très magnifique construit dans une ancienne piscine municipale des années 30. De l'Art déco, des verrières, des carrelages, des rambades en fer, des cabines, des bruits des gens qui nagent, c'est juste sublime la Piscine. Des Camille Claudel, des Ingres, des Foujita, des céramiques de Picasso, des De Niro Senior ...

Donc on rencontre ces gens pour leur raconter la Manuf.

Et là, on sait pas pourquoi, on a osé leur parler de  l'idée qu'on avait en tête. On leur a dit que ce que nous on aimait aussi, en plus de tricoter des princes, des dictateurs, des ministres, des rockers, c'était faire sortir les gens des tableaux, en les tricotant parce qu'on ne sait faire que ça. Que notre rêve depuis un moment, c'était de détourner un musée entier. Des tas de gens en jersey échappés des toiles. On a osé leur dire que c'était ça notre rêve.

Ha mais si, bien sûr, on avait un peu honte. On est lucide au Délit, il faut pas croire. On se rend bien compte que c'est bizarre. Qu'exposer des gens en laine à côté des  Camille Claudel, des Ingres, des Foujita, des céramiques de Picasso, des De Niro Senior, c'est pas du domaine du raisonnable.

Sauf qu'à la Piscine, ils ont dit bon d'accord.

Allez-y, choisissez ceux que vous allez faire s'échapper.

Comme ça.

Gloups ter.

Et voilà, on en est là.

Donc, en plus de Hollywool à la Manuf, il y aura Swimming Wool à la Piscine à Roubaix du 11 octobre à début janvier.







SWIMMING WOOL à La Piscine

Bon. Quand les gens des tableaux se font la maille à la Piscine, ça donne Swimming Wool.

Un art mineur, une chose aussi peu académique que le tricot, pour détourner sans vergogne un musée tout entier. Le Délit Maille aime l'Art. Le Délit Maille aime déambuler dans les allées des musées. Le Délit Maille aime les gens peints dans les tableaux, avec leurs airs langoureux, enamourés ou féroces. Mais ce que le Délit Maille aime par-dessus tout, c'est ce qu'ils lui disent ou ce qu'ils taisent, les histoires silencieuses qu'ils racontent dans leur cadre doré, la manière qu'ils ont de planter leurs yeux dans les yeux du visiteur.

Ca le perturbe, le Délit Maille, ces suppliques muettes. Il y lit Bon sang, sors-moi de là.

Alors, il les tricote.


Swimming Wool, ce sont les histoires minuscules que racontent les gens des tableaux, mais en jersey.  


En fait c'est pas tout. Mais on vous fait grâce des autres choses, c'est trop loin, trop compliqué et pas du tout complètement décidé. 

Déjà rien que ça, Occupy Roubaix avec Hollywool et Swimming Wool, on est très terrorisés. Contents comme pas permis, mais terrorisés. 

(Et si on est un peu moins là cet été, c'est un peu pour ça. Faire le siège d'une ville, même en jersey, ça prend du temps tout de même)



samedi 15 juin 2013

Délit Bac : tricote ton allégorie platonicienne




DELIT BAC 

Tricote 
ton allégorie platonicienne 


Bon. Lundi bac philo. 

Au Délit, on s'est dit qu'un kit de révision ce serait bien. 

Le kit Platon, la première allégorie platonicienne en jersey. 





C'est un homme. Il est enfermé depuis toujours dans une caverne. On ne sait pas pourquoi, mais c'est comme ça. 




Derrière lui, il y a un feu. Mais il ne peut pas le voir parce qu'il est enchaîné et il ne peut pas se retourner. On ne sait pas non plus pourquoi.




Du coup, tout ce qu'il peut voir, c'est le mur en face de lui. 




Alors il le regarde.



Tout le temps.


Sur le mur, il voit les ombres des choses qui passent derrière lui. Sauf que comme il ne sait pas qu'il y a un derrière lui, ce qu'il voit, il croit que c'est la réalité. Les vraies choses. Il leur donne des noms, il en discute avec ses camarades de caverne et tout. 
Parfois ils sont d'accord, d'autres fois non, mais il n'y en a pas un pour croire même une seconde que ces choses qu'ils voient, elles sont toutes déformées, qu'elles n'existent même pas.



Parfois, il trouve ça bizarre.



Parfois il trouve ça géométrique.



Alambiqué


Montagneux.



Rayonnant.




Joli.






Scintillant



Et puis voilà qu'un jour, on détache l'homme de la caverne et on lui montre qu'il y a un derrière lui. Avec de la lumière.



Du coup, il y va.


 C'est dur, mais il avance. Allégoriquemment, c'est la science, la montée.





Jusqu'à bim, la lumière. La connaissance.




 Et les vraies choses. Les vraies choses qui faisaient les ombres qu'il prenait pour les vraies choses quand il ne savait rien de rien dans le fond de sa caverne.






Et il retourne à sa caverne.



Voilà.  L'allégorie de la caverne.  

En gros. 

Et en jersey. 

Le kit Platon. L'avènement du tricot philosophique. 

Enfin.