mardi 29 juillet 2014

Wool War One : le Chinese Labour Corp



WOOL WAR ONE 

Le Chinese Labour Corp 





Bon. Au début, on n'y connaissait presque rien à cette histoire de guerre.

Plus on la fouille, plus on la tricote  cette histoire de guerre, plus il y en a. Des pays, des gens, des histoires.

Et plus on fouille, plus on la tricote et moins on comprend.

On a beau lire et réfléchir, la logique qui  a amené 843 des 140 000 Chinois du Chinese Labour Corp, 843 hommes de la province du Shandong, à 8700 kilomètres environ de la France à venir mourir dans la Somme, cette logique-là, elle nous échappe encore. On cherche une raison valable. Pas moyen. On ne trouve pas.

A un moment, au milieu de cette folie furieuse mondiale, il y a quelqu'un quelque part qui s'est dit que puisque la Chine ne voulait pas envoyer de soldats, pas grave, elle enverrait des travailleurs. On allait prendre des paysans du Shandong, on les mettrait dans un bateau pour traverser le Pacifique, puis un train pour traverser le Canada, puis un deuxième bateau pour traverser l'Atlantique. Bon, on en perdrait en route, de malaria ou de folie, mais à l'arrivée, il en resterait encore bien assez. Le quelqu'un, il s'est dit aussi que ce qu'il faudrait faire, c'est parquer ces paysans dans des baraquements à l'écart des soldats et des civils et, vu la barrière de la langue,  les faire travailler à coups de triques. Le quelqu'un, il s'est dit que ce qui serait bien, ce serait de les payer 1,50 franc par jour pour faire tourner les usines d'armement, suer dans les mines ou nettoyer les champs de bataille, ces endroits pleins de morts, d'obus et de barbelés.

Au milieu de cette folie furieuse mondiale, de l'assassinat d'un archiduc à 843 stèles de paysans du Shandong  dans la Somme, la logique de cette histoire de guerre, elle n'est pas très facile à saisir.