samedi 20 septembre 2014

Wool War One : this is the end



Wool War One 

The end 






Bon. Ca va être un peu long,  un peu sans intérêt et aussi pas particulièrement rigolo, mais dans la mesure où personne n'est obligé de lire, un fusil sur la tempe, on va prendre son temps. 

On y est. 

Il reste un peu de travail, encore quelques semaines, des réglages, des ajustements, des dernières touches et du peaufinage, mais on y est. 

La Wool War se termine. 

On sait à quoi elle ressemblera. Et aussi à quoi elle ne ressemblera pas. On sait qu'on ne fera pas mieux, pas plus. Qu'on est allé au bout de ce qu'on avait envie de faire. On sait qu'on aurait eu envie de plus, mais on sait aussi qu'à aucun moment, ça n'aurait été possible de se dire c'est assez. On partait quand même de neuf millions. Forcément, ça n'aurait jamais été assez. 

Et là, on arrive à ce moment où cette chose qui nous a occupé tout le temps, les mains et la tête, il faut la lâcher. Ce autour de quoi tout a tourné pendant des mois, il faut qu'on le remette à sa juste place, quelque chose de pas si important finalement. Juste une histoire racontée en laine, que les gens, les vrais, écouteront ou n'écouteront pas, aimeront ou n'aimeront pas, mais au final,  une histoire. 

Il nous reste juste assez de temps avant décembre pour la mettre à distance, l'oublier de temps en temps, pour ne pas être (trop) affectée quand les gens trouveront que c'est tout nul, pour ne pas éclater en sanglots pathétiques quand pour la millionième fois, en se caressant le menton d'un air circonspect, un éminent untel lèvera un sourcil dubitatif,  pour ne pas arracher avec les dents la main de celui qui, après vingt mille autres, nous tapotera l'épaule comme on tapote la tête d'un bon chien, d'une brave bête. 

On est mort de trouille et il ne faut pas. Il n'y a pas d'enjeu. On n'a rien à prouver. On voulait raconter la guerre, on l'a fait. Exactement comme on voulait. Basta . Mais on est mort de trouille. 

Ce qu'on va faire, c'est se retrancher au fond d'une caverne, se boucher les oreilles jusqu'à ce que les petits bruissements qui parlent de guerre en laine se taisent. 

On va aussi apprendre à se retrouver tout seul, après avoir vécu une année quasi entière au milieu de centaines de gens très fantastiques. Parce que ça aussi, ça se termine. 

Oh non, pas de nostalgie. Juste que ça va faire bizarre et qu'il va falloir trouver autre chose. On hésite encore entre le twirling bâton et le patinage artistique. 

Il va falloir aussi lâcher cette guerre, sortir des tranchées, des morts, des rats, empêcher les fantômes bleu horizon de prendre toute la place, les empêcher de nous raconter toutes ces histoires tristes, ces horreurs, les repousser doucement dans un coin de la mémoire collective, un coin confortable, accueillant, mais un coin, là où on sait qu'on les retrouvera s'il faut, mais sans qu'ils envahissent tout l'espace. 


Ha non mais là, on n'entend déjà plus rien, on a déjà les mains sur les oreilles et on n'entend plus rien. 

Elle est assez cosy cette caverne finalement. 


*si quelqu'un connaît le crédit de cette photo, on est preneur.